les bêtes pacifiques paissent jusqu’à la mer de Palestine
le paysage semble prolonger leur lenteur
les herbes descendent vers l’eau
le vent déplace peu de choses
la lumière demeure ouverte sur les collines
les animaux avancent sans stratégie
guidés par la faim calme des jours ordinaires
leur mouvement compose une géographie ancienne
faite de poussière de sel et de pâturages rares
la mer de Palestine apparaît au loin
surface continue traversée de reflets métalliques
mémoire de routes commerciales
de départs de conflits et
de prières
mais les bêtes ignorent l’histoire
elles maintiennent seulement leur rythme biologique
leur respiration régulière dans le paysage
quelque chose
d’antérieur aux frontières subsiste alors
une coexistence élémentaire entre le vivant et le territoire
comme si le monde avant les noms
avant les cartes
persistait encore un instant
dans cette scène
lente
où les bêtes pacifiques
paissent
jusqu’à la mer
de
Palestine
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