le minimalisme
l’attention à la matérialité du mot
le silence autour du langage
la fragmentation
une forme d’humour discret
la tension entre apparition et disparition du sens
qu’est-ce qu’un poème lorsqu’on retire presque tout
peu de mots
peu de formes
le détail disparaît
l’essentiel reste
le vide compte
la structure est simple
le geste est réduit
le rythme ralentit
la présence suffit
le minimalisme demeure
1
pluuie
2
le vent
déplie
le
l
3
icii
ici est posé
le lieu est présent
le point est immédiat
la présence se tient ici
le corps est ici
le regard part d’ici
le temps a lieu ici
l’espace se concentre ici
le lieu demeure
ici reste ici
4
montagne
mange
agne
5
un bruit
dans le blanc
le blanc est présent
l’espace est clair
un bruit se produit
le son traverse le blanc
le contraste apparaît
le silence est rompu
le bruit persiste un instant
l’air porte le son
le blanc demeure
le bruit cesse
6
soleil
seul
la lumière se tient sans autre source
le ciel l’entoure
la clarté descend
l’espace reçoit la lumière
aucun autre astre n’apparaît
le rayonnement continue
le jour se maintient
le soleil demeure seul
la lumière persiste
7
je marche
la route retire
une lettre à mes pas
8
neuige
9
rien
respire encore
rien est là
le vide se tient
un souffle persiste encore
l’air entre et sort
le mouvement est faible
aucune forme ne s’impose
le silence accompagne le souffle
le temps continue
le souffle demeure encore
rien respire
10
arbre
a r b r e
entre ses lettres
de l’air
11
tard
le soir ajoute
du noir au noir
12
fleuve
f e u
13
silnce
14
la pensée
passe
pâle
15
bleu
puis plus
16
un mot
tombe du mot
17
orage
o rage
18
horizon
hori
zon
19
presque
tout
presque tout est là
une part manque encore
l’ensemble approche
le vide est réduit
les éléments se rassemblent
le reste demeure absent
la totalité n’est pas atteinte
la proximité persiste
presque tout se maintient
le manque demeure
20
neige
le monde
corrige
ses contours
minimalisme
non pauvreté mais précision
art de retirer sans appauvrir
de laisser assez de vide
pour que la forme respire
quelques lignes quelques sons
et soudain une présence entière
comme si le peu
porté à sa juste intensité
devenait plus vaste
que l’accumulation des signes
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