se libérer
de la prison
de la prison
des affaires publiques
ce n’est pas fuir
le monde mais desserrer son emprise
sortir
du vacarme continu
des opinions
des urgences fabriquées
des réactions sans fin
des urgences fabriquées
des réactions sans fin
la prison commence peut être quand l’attention n’est plus à soi
quand chaque pensée devient réponse
à un bruit extérieur
alors l’esprit se disperse
il ne contemple plus
il réagit
se libérer
ce serait retrouver
une souveraineté intérieure
un espace où la conscience cesse d’être occupée
par ce qui réclame sans cesse
un espace où la conscience cesse d’être occupée
par ce qui réclame sans cesse
d’être commenté
non l’indifférence mais la distance
juste
revenir à ce qui
dure
au silence
à la lecture lente
à la présence immédiate des choses
les affaires publiques absorbent souvent le temps
sans nourrir l’être
elles donnent l’impression de participer tout en éloignant
de l’expérience directe
peu à peu
l’homme oublie la profondeur pour vivre à la surface
des événements
se libérer
ce n’est pas se retirer du réel
c’est refuser que le réel soit réduit à l’agitation collective
c’est préserver en soi un lieu non colonisé
où penser demeure possible
où l’attention peut encore
s’ouvrir au monde
sans être capturée
par son tumulte incessant
triste époque
non parce qu’elle manquerait de lumière
mais parce qu’elle ne sait plus la voir
tout circule
tout parle
tout réagit
et pourtant quelque chose s’éteint
lentement
la capacité d’attention
la profondeur silencieuse
le temps intérieur
nous savons davantage
mais nous habitons moins
les hommes regardent sans voir
écoutent sans entendre
s’expriment sans présence
le monde devient flux
et dans ce flux
les choses perdent leur poids
même la douleur
même la beauté
passent trop vite
triste époque peut être
parce qu’elle transforme tout en information
et oublie l’expérience
elle accumule les signes
mais perd les symboles
elle relie instantanément
et sépare profondément
pourtant
au cœur même de cette dispersion
demeurent encore des gestes simples
un silence partagé
une lecture lente
une marche solitaire
une phrase qui éclaire soudain l’espace intérieur
et peut être que la tristesse d’une époque
n’est jamais totale
tant qu’il reste quelqu’un
pour préserver
contre le bruit du monde
une certaine qualité de présence
fragile
mais intacte
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