j’observe l’histoire
des trésors que vous trouvâtes
non les objets
mais leur lumière
ce qui traversa vos regards
au moment de la découverte
chaque trésor
dit moins la richesse
que le désir
moins la possession
que l’instant
où quelque chose
s’est mis à rayonner
j’observe
les cartes
les détours
les attentes
les mains couvertes de terre
les coffres ouverts dans la pénombre
les fragments sauvés de l’oubli
mais plus encore
j’observe ce qui vous poussait
cette faim étrange
de trouver
comme si chaque trésor
promettait davantage
que lui même
une confirmation secrète
que le monde cache encore
des profondeurs
et qu’il suffit parfois
d’un éclat sous la poussière
pour que l’existence entière
redevienne
mystérieuse
et qu’on ne dise pas
que je n’ai rien dit de nouveau
les mots existaient déjà
les formes aussi
la poussière
la lumière
le silence
rien n’a été inventé
et pourtant
quelque chose change
dans la disposition
la nouveauté n’est peut être pas dans les matières
mais dans leur voisinage
dans la manière
dont une phrase incline l’autre
dont une image déplace une pensée
les mêmes pierres selon leur agencement
deviennent chemin
mur ou temple
ainsi les mots
déjà prononcés mille fois
peuvent encore produire
une secousse inconnue
si leur ordre
ouvre un espace nouveau
écrire alors
ce n’est pas créer à partir du néant
c’est recomposer
faire apparaître dans ce qui était dispersé
une cohérence
inattendue
comme si le sens attendait depuis toujours
non d’être inventé
mais d’être
disposé autrement
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