certaines choses nous entourent
les voir équivaut à se
connaître
non parce qu’elles parleraient de nous
mais parce qu’elles réveillent
une forme silencieuse
de reconnaissance
une pierre
un lac
une branche inclinée
un mur traversé de lumière
demeurent entièrement extérieurs
et pourtant quelque chose en nous s’ajuste à leur présence
demeurent entièrement extérieurs
et pourtant quelque chose en nous s’ajuste à leur présence
comme si
la perception révélait moins l’objet
que la manière dont nous habitons le monde
que la manière dont nous habitons le monde
il existe des paysages
qui pensent à travers nous
des formes qui deviennent des miroirs sans reflet
des formes qui deviennent des miroirs sans reflet
et l’on comprend alors que se connaître
n’est pas descendre au fond de soi
mais atteindre ce point d’équilibre
où le dehors et l’intérieur cessent de s’opposer
certaines choses nous entourent
leur simple évidence éclaire une région de nous-mêmes
restée jusque-là
sans langage
cette terre
les collines rondes sous le chaume
une maison
la lune en plein ciel
persiste dans la lumière qui devrait l’effacer
persiste dans la lumière qui devrait l’effacer
présence pâle mais exacte
comme une pensée qui demeure visible
au milieu du bruit du jour
surface froide continuant sa trajectoire
selon les lois lentes de la mécanique céleste
selon les lois lentes de la mécanique céleste
la lune en plein ciel
n’ajoute rien au monde
mais modifie discrètement l’attention
et le regard devient plus vaste
parce qu’il contient simultanément
le jour et sa mémoire nocturne
n’ajoute rien au monde
mais modifie discrètement l’attention
et le regard devient plus vaste
parce qu’il contient simultanément
le jour et sa mémoire nocturne
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