la transe sera une porte ouverte dans le rythme
elle dissoudra les contours du moi dans une pulsation plus vaste
elle dissoudra les contours du moi dans une pulsation plus vaste
dans cet abandon lucide elle dira
que certaines vérités ne se pensent pas
que certaines vérités ne se pensent pas
elles se traversent
la transe commence peut être
quand le moi cesse de vouloir tenir le centre
quelque chose alors se déplace
le rythme prend la place de la volonté
la répétition ouvre une brèche
ce n’est pas une fuite hors du réel
mais une immersion plus profonde dans ses flux invisibles
le corps respire autrement
le temps se défait
les frontières deviennent poreuses
dans la transe on ne pense plus de manière linéaire
on est traversé
par des intensités
des images
des battements
le langage lui même change
il cesse d’expliquer
il incante
depuis les tambours rituels
jusqu’aux longues marches solitaires
depuis la danse
jusqu’au souffle répété
les hommes ont toujours cherché
ces états où la conscience ordinaire se desserre
la transe n’est pas forcément extase spectaculaire
elle peut être très calme
une absorption totale
où le sujet oublie de se regarder vivre
le voyage à vélo
la marche répétitive
la contemplation prolongée d’un paysage
peuvent conduire à cette modulation de conscience
à force de rythme et de continuité
l’esprit cesse de commenter
et quelque chose
s’ouvre
non une vérité définissable
mais une disponibilité
comme si
le monde devenait soudain plus proche
plus vibrant
moins séparé
dans la transe il y a souvent cette sensation paradoxale
de disparition et d’intensification simultanées
on se perd
et c’est précisément cela
qui donne le sentiment d’être plus présent
peut être parce que la conscience ordinaire est une contraction
et que la transe est son relâchement
un passage
où l’être
cesse un instant
de se tenir
à distance de lui même
la transe a lieu
le rythme se répète
le corps suit le rythme
l’attention se modifie
la perception change
le temps se déforme
le mouvement continue
le souffle persiste
l’état se maintient
la transe demeure
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire