il attirera les pas
que revenir au sol c’est apprendre à durer
la terre est
le sol porte
la matière se tient
le sens est posé
la direction se donne
le corps se rapporte à la terre
le contact a lieu
la gravité agit
le sens se maintient
la terre demeure
le sens de la terre
n’est pas
un axe ni une direction
mais
une lente mémoire qui respire sous nos pas
une pensée ancienne qui ne parle pas mais qui insiste
la terre ne va nulle part
elle tourne pour se souvenir
elle dérive pour se répéter
elle se replie dans chaque graine dans chaque pierre
comme si l’infini avait choisi de devenir
poids silence densité
son sens est peut être dans la chute des feuilles
qui ne tombent jamais vraiment
mais retournent à une phrase commencée
bien avant nous
ou dans le feu souterrain qui écrit sans lumière
une langue que seules les montagnes
comprennent
le sens de la terre est une question
qui ne cherche pas de réponse
mais qui s’approfondit en nous comme une racine
qui ignore le ciel et pourtant le nourrit
nous marchons dessus comme si elle était surface
mais elle est profondeur
elle est ce qui nous porte et ce qui nous absorbera
elle est ce paradoxe tranquille d’être à la fois
origine et oubli
peut être que son sens n’est rien d’autre
que ce mouvement imperceptible par lequel
elle nous transforme lentement
en elle même
une pensée lente qui devient chair
une chair qui devient poussière
une poussière qui se souvient encore
qu’elle fut monde
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