dans le pli du vent
où rien ne vole mais tout se soulève
des ailes immobiles traversent l’espace sans distance
comme si
le mouvement avait oublié
de partir
elles sont prises dans une lumière sans origine
suspendues entre chute et élévation
dans une hésitation qui devient
leur seule trajectoire
chaque plume est un fragment d’élan arrêté
un souvenir de ciel qui persiste
sans ciel
quelque chose circule
une traversée sans départ
une migration intérieure où l’air devient mémoire
du passage
c’est peut être cela
une fuite qui ne fuit pas
un envol qui reste
en soi
comme si
l’infini avait replié ses directions
dans un battement qui n’advient jamais mais qui ne cesse
de promettre
dans ce presque mouvement
le monde retient son souffle comme pour écouter
ce qui n’a pas encore eu lieu
ou ce qui a déjà eu lieu dans un autre pli
du même vertige
***
les verticales sont posées
les lignes montent et descendent
les axes se tiennent droits
les lignes sont liées
le lien se fait entre elles
la distance se réduit
l’ensemble se maintient
la structure tient
les verticales persistent
le lien demeure
attente apparente
attente perceptible
attente manifeste
attente évidente
attente qui se voit
attente affichée
attente palpable
attente lisible
attente perceptible au regard
attente ...
elle restera là
dans cette immobilité claire elle dira
que ce qui tarde à venir est déjà présent
vestiges fragmentés d’un ordre de marche
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