blancheur et sédiments
la blancheur est surface nue
lumière sans mémoire apparente
elle efface les traces
unifie
suspend les différences
la blancheur donne l’illusion d’un commencement
d’un monde lavé de toute histoire
elle est présence immédiate
éclat sans épaisseur
les sédiments sont accumulation lente
ils gardent
déposent
stratifient le temps
chaque couche retient une trace
une transformation
un passage
les sédiments sont mémoire matérielle
profondeur construite
histoire enfouie
entre
blancheur et sédiments
se joue
une tension du visible et du caché
la surface qui simplifie et la profondeur qui complexifie
la blancheur masque
les sédiments
les sédiments soutiennent
la blancheur
ainsi
ce qui paraît pur est souvent porté
par ce qui s’est
déposé
toute surface lumineuse
repose
sur
une épaisseur invisible
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