la phrase est un fragment de foudre
une intuition physique
de l'origine
le soleil est neuf chaque matin car le feu ne sait pas se souvenir
l'éclaircie de l'aube est le premier
bégaiement de l'Unité
on ne descend jamais deux fois dans la même lumière
l'horizon est une corde tendue entre
le vide et le devenir
la rosée sur le chardon contient toute la géométrie de l'humide
le silence du matin est une archéologie
du souffle
un oiseau qui s'envole déplace le centre de gravité du monde
l'être est une sphère parfaite que le jour
commence à éroder
la foudre est le seul juge qui ne demande aucun témoin
la terre respire par les pores de la pierre
encore froide
penser c'est guetter l'instant où le logos se confond avec le vent
le premier rayon de soleil est une flèche
sans archer
la multiplicité des ombres n'altère pas la solitude de la source
tout ce qui monte finit par se reposer dans
l'immobilité de l'abîme
le monde est un feu qui s'allume avec mesure et s'éteint avec rigueur
la clarté n'explique rien elle se contente
d'exposer la présence
le marcheur matinal est le seul contemporain
de la naissance
des choses
l'eau du torrent broie les reflets pour libérer la force pure
la vérité n'est pas au bout du chemin elle est
le chemin qui s'éclaire
le jour se lève comme une paupière
sur un œil qui ne dort
jamais
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