les sages ne pleurent ni les vivants ni les morts
ils voient passer les formes comme des vagues
dans une eau plus vaste
la naissance ne commence pas tout
la mort n’achève pas tout
ce qui apparaît change
de visage
ce qui disparaît change
de lieu
le sage ne s’endurcit pas
il comprend
et dans cette compréhension la tristesse se transforme
en une attention plus profonde
au passage du monde
celui qui n’est pas ne peut être
celui qui est ne peut cesser d’être
ainsi parlent les sages
qui regardent au-delà
des formes passagères
ce qui naît
prend une figure
ce qui meurt
la dépose
mais l’être
ne s’ajoute pas
ne se retranche pas
il demeure
à travers les changements
les sages connaissent
la limite de ces deux illusions
celle du néant
et celle de la perte
et dans cet intervalle
ils vivent
avec calme
au cœur du passage
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