un seul coquelicot dans l’horizon clair
rouge minuscule contre l’étendue ouverte
il ne rivalise pas avec le ciel
il insiste
tache vive dans la respiration pâle du jour
il tient tout l’espace par sa fragilité même
et l’horizon
sans lui
serait presque trop vaste
comme le cadran d’une horloge
arrêtée qui nous fait croire qu’on s’est mis en retard
le temps suspendu nous accuse en silence
les aiguilles immobiles pointent une faute imaginaire
et c’est nous qui pressons le pas
rien ne bouge mais l’inquiétude avance
ainsi parfois ce n’est pas le temps qui manque
c’est notre regard qui tremble devant son arrêt
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