le voyageur est arrivé au centre de l'illusion d'optique
là où les dunes et le ciel ne font qu'un
blanc et léger
les dunes seraient
faucilles sans nombre
coupant le vent
dans son propre souffle
traçant des courbes
que le temps répète
rien ne tient
tout se sculpte
le sable écrit
avec l’effacement même
chaque dune est une lame douce
un geste
arrêté
dans la lumière
la moisson du désert
tout
est devenu
blanc et léger
écume de terre où le vent
dessine l'épure d'un nouveau matin
les dunes s'avancent faucilles de lumière pour faucher
l'illusion et le poids du destin
elles sont sans nombre ces lames de silence
qui dessinent au sol
la courbe de
l'Un
nul parapluie ne protège de cette immanence
nul abri ne survit au passage
du grain
le désert est le lieu de l'autrement pur où l’aile du vautour
ne projette plus d'ombre
le ciel s'est dissous dans l'éclat de l'azur laissant les faucilles
moissonner nos décombres
on marche à fleur de sable pensif et serein devenant soi-même
cette courbe dorée
le voyage s'achève en un souffle souverain dans la blancheur
immense d'une vie retrouvée
le blanc et le léger
c'est la victoire sur la pourriture et la pesanteur
la matière s'est spiritualisée
elle n'est plus granit mais poussière de lumière
les faucilles sans nombre
elles représentent le temps qui ne détruit plus
mais qui récolte
chaque dune est une leçon de sympathie avec l'Intelligence
une forme parfaite
éphémère et éternelle à la fois
la fin du monologue
dans le désert
le monologue intérieur finit par se confondre
avec le glissement du sable
il n'y a plus de Je
il n'y a que le passage du vent
sur les faucilles du monde
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