Au-delà du nord, de la glace, de la
mort - notre vie, notre bonheur...
Nous avons découvert le bonheur,
nous connaissons le chemin, nous
avons trouvé l'issue de ces milliers
d'années de labyrinthe
Nietzsche
Où suis-je
Philippe Sollers
Paris, le 30 septembre 118
Une Vie Divine/Folio
Qui suis-je
Un simple passager de l'éternel retour du salut
Mais oui
du salut
Philippe Sollers
Paris, le 30 septembre 118
Une Vie Divine/Folio
une lecture comparée approfondie entre Philippe Sollers et Friedrich Nietzsche centrée sur leurs affinités leurs écarts et la manière dont Sollers réécrit Nietzsche en littérature
Sollers / Nietzsche une complicité critique
La joie contre la morale
Chez Nietzsche la philosophie est une affirmation de la vie contre les morales de la culpabilité du ressentiment et de la négation du corps
Chez Sollers cette affirmation devient un art de vivre contemporain
écrire aimer rire penser vite
Sollers ne commente pas Nietzsche
il le pratique
La critique du christianisme
Nietzsche attaque le christianisme comme morale de la faiblesse du renoncement et de la culpabilité
Sollers prolonge cette critique mais la déplace
il s’en prend moins à la religion qu’à ses résidus culturels politiques et idéologiques
Là où Nietzsche est violent et prophétique
Sollers est ironique et joueur
Le corps et la pensée
Nietzsche refuse la séparation corps / esprit
la pensée est physiologique rythmique affective
Sollers écrit avec le corps
son style est musical rapide sensuel traversé par le désir
La phrase de Sollers est
une mise en acte de
la pensée nietzschéenne
la pensée nietzschéenne
Le style comme philosophie
Nietzsche invente
une philosophie aphoristique poétique musicale
Sollers fait de la littérature
un espace où la philosophie devient rythme souffle vitesse
Tous deux pensent contre la lourdeur du système
Le temps
éternel retour et présent intensif
Nietzsche propose
l’éternel retour comme épreuve existentielle
Sollers transforme cette idée en
une intensification du présent vivre ici et maintenant
avec une légèreté radicale
L’éternité devient une qualité de l’instant
La figure de l’esprit libre
Nietzsche invente la figure de l’esprit libre
solitaire critique joyeux
Sollers incarne cette figure dans le champ littéraire
polémique indépendant irréductible aux idéologies dominantes
Sollers est un Nietzsche
dans la langue française contemporaine
Différence majeure le tragique
Chez Nietzsche
la joie est toujours traversée par le tragique la souffrance la maladie
Chez Sollers,
le tragique est souvent désamorcé par l’ironie le plaisir la vitesse
Sollers allège Nietzsche sans le trahir
Politique et modernité
Nietzsche est prophétique mais peu concret politiquement
Sollers est un lecteur aigu
de la modernité médiatique culturelle et idéologique
Sollers actualise Nietzsche dans le présent
Nietzsche est le penseur du oui tragique
Sollers est l’écrivain du oui jubilatoire
Nietzsche fracture l’histoire de la philosophie
Sollers prolonge cette fracture dans la littérature
Si Nietzsche a ouvert une brèche Sollers y circule librement
non comme disciple mais comme héritier joueur
transformant la pensée en style de vie
et la philosophie en jouissance de la langue

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