seul
le narrateur
défend la fugitive
c'est alors
qu'une vieille dame anglaise
Mrs. C.
touchée par sa tolérance
décide de lui confier le secret qui la tourmente
depuis vingt ans
le récit des vingt-quatre heures
où elle a elle aussi failli
tout perdre
l'histoire que raconte
Mrs. C.
se déroule au Casino de Monte-Carlo
vingt ans plus tôt
alors qu'elle observe les joueurs
elle est fascinée par
les mains d'un jeune homme
ces mains trahissent une passion dévorante
une détresse absolue
le jeune homme vient de tout perdre au jeu
et semble prêt à se suicider
prise d'un élan de pitié ou d'un désir inconscient
elle le suit
l'arrête
l'emmène dans une chambre d'hôtel
pour le protéger de lui-même
elle passe la nuit avec lui
en seulement quelques heures
cette femme sage et rangée est métamorphosée
elle est prête
à tout quitter pour cet inconnu
à lui donner son argent et sa vie
persuadée qu'elle peut le sauver de son addiction
le lendemain
elle lui donne rendez-vous pour partir avec lui
mais en retournant au casino
elle le retrouve
à nouveau à la table de jeu
misérable
l'insultant
alors qu'elle tente de l'arracher à sa folie
en un instant
l'illusion se brise
Z
analyse avec
une précision chirurgicale comment
une pulsion
le jeu pour lui
l'amour fou pour elle
peut anéantir toute morale et toute éducation
en un temps record
tout le livre repose sur l'idée
qu'une seule journée
peut peser plus lourd qu'une vie entière
Z
montre que le temps n'est pas linéaire
mais émotionnel
c'est
un récit
sur la libération par la
parole
Mrs. C.
a gardé ce secret
pendant des décennies
et le raconter au narrateur est sa manière de se pardonner
sa propre faiblesse
passée
