l’espace blanc n’est pas un vide
il est respiration
résistance
appel
écrire
contre la phrase
contre la continuité syntaxique
l'Entrus 31 décembre 2025
le mot posé comme
une pierre
non comme
un lien
le poème avance par ruptures par arrêts
par reprises
le paysage n’est jamais décor il est événement de langage
voir avant de dire mais voir n’est jamais
immédiat
la marche comme modèle de l’écriture
pas
halte
déséquilibre
le souffle détermine la coupe du vers
le sens naît de la disjonction plus que de l’enchaînement
refus de l’image lyrique pleine
préférence pour l’angle
l’arête
le poème se tient au bord de sa disparition
la page est un espace physique presque géologique
le mot ne décrit pas il expose
l’écriture comme lutte avec l’obstacle du réel
le silence n’est pas extérieur au poème
il en est la condition
le paysage intérieur se constitue
dans la friction avec
le dehors
le poème ne raconte pas il traverse
temporalité disloquée présent tendu sans narration
la coupe crée du sens autant que le mot
le blanc agit comme une force syntaxique
refus de la métaphore décorative
recherche de l’impact
l’écriture avance à découvert sans protection rhétorique
le poème comme lieu d’exposition de l’incertitude
la parole n’est jamais assurée de son droit à paraître
le réel résiste et cette résistance est féconde
le texte garde la trace de son effort
la fragmentation n’est pas éclatement mais tension
le poème n’atteint pas le monde
il s’y heurte
écrire
tenir ouvert l’espace du possible

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire