La parole comme barque du passeur
elle ne possède pas la rive elle ne retient pas l'eau
elle est ce bois léger qui tremble entre deux mondes
la parole s'élance comme un frêle bateau
pour porter le sens nu sur les heures profondes
elle transporte l'aveu d'un bord à l'autre bord
traversant le silence ou le bruit des tempêtes
le passeur ne dit rien il offre son effort pour que l'écho
de l'un en l'autre se complète
sans ce berceau de mots nous serions des îlots enchaînés au sol muet
séparés par l'abîme
mais le verbe navigue au-dessus des sanglots et fait de la distance
une escale sublime
Réflexion
cette métaphore suggère que la parole n'est pas une fin en soi une destination mais un moyen de transport elle est ce qui permet la rencontre entre deux solitudes comme la barque elle doit être juste assez solide pour porter l'idée mais assez légère pour ne pas couler sous le poids des certitudes
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