les hommes sont des êtres de lointain
nous ne sommes pas nés pour l'étroite demeure
pour le cercle tracé ou
le sol immobile
il y a dans notre sang une force qui pleure
dès que le paysage devient
trop docile
l'homme est ce voyageur qui invente sa route
non pour fuir son destin
mais pour le rencontrer
chaque pas vers l'ailleurs dissipe un peu le doute
que l'immensité seule peut enfin illustrer
reculer l'infini c'est dilater son âme chercher dans le lointain
le miroir du dedans
nous sommes des nomades dont la seule flamme est de voir l'horizon
s'ouvrir à chaque instant
Cette vision de l'homme comme être de lointain évoque puissamment la pensée de Martin Heidegger pour qui l'existence humaine est un être-au-monde qui se projette toujours au-delà de sa situation immédiate
La Transcendance
L'humain se définit par sa capacité à ne pas rester enfermé dans le ici et maintenant Il est fondamentalement projet Son regard est toujours porté vers ce qui n'est pas encore vers l'espace qui reste à conquérir ou le savoir qui reste à découvrir
L'Espace comme Liberté
Sillonnant l'espace l'homme ne cherche pas seulement à parcourir des kilomètres mais à vérifier l'étendue de sa propre liberté Reculer l'infini c'est refuser les limites imposées par la nature ou la finitude
La Nostalgie de l'Ailleurs
cette tension vers le lointain est aussi ce qui fait la grandeur et la mélancolie de notre espèce nous sommes les seuls êtres capables de se sentir étrangers chez eux tant qu'il reste un ailleurs inexploré

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