lundi, décembre 08, 2025







Roger Penrose 

est un voyageur du temps qui marche entre les siècles avec des équations pour boussole il écoute les pulsations du cosmos comme d'autres écoutent la mer et suit les plis secrets de l'espace jusqu'aux portes de l'univers prochain 








ses pensées sont des astrolabes 

ses théories des passages 

et lorsqu'il parle de la conscience 

on croirait entendre la mémoire 

d'une étoile qui cherche encore sa forme













La pensée de Penrose est une passerelle  

entre les mondes visibles et les profondeurs  secrètes de la réalité 

il cherche dans la géométrie des formes parfaites la mémoire silencieuse du cosmos et dans la naissance des univers la trace d'un rythme antique qui se répète au delà du temps 

pour lui la conscience n'est pas une lueur fragile perdue dans la matière  mais un frémissement quantique 
un battement de lumière qui traverse le cerveau comme un souffle venu des origines

elle naît dans les microtubules tels de minuscules colonnes de cristal vibrantes à l'intérieur des neurones où se rejoignent les fils du monde et la gravité 

elle même ces structures deviennent des sanctuaires de l'imperceptible  où l'onde quantique se condense soudain en présence éveillée  un point d'incandescence reliant le vivant  à la trame profonde de l'espace temps 

dans cet instant la conscience se déploie comme un miroir cosmique  qui se souvient que l'univers est tissé de pensée autant que de matière

ainsi pour Penrose chaque acte conscient serait une éruption de sens un éclat venu d'une couche plus ancienne que l'homme une dimension où la géométrie sacrée et la gravitation se rencontrent et murmurent que le réel n'est pas clos que le mystère habite chaque souffle chaque regard et chaque étincelle de pensée






l'esprit l'ordinateur et les lois de la physique 
Roger Penrose

La conscience me paraît si importante que je ne puis tout bonnement croire qu'elle soit simplement apparue « accidentellement » du fait de quelque calcul compliqué. C'est le phénomène par lequel l'existence même de l'Univers se fait connaître. On peut soutenir qu'un univers régi par des lois qui ne laissent aucune place à la conscience n'est pas un univers du tout. Je dirais même que toutes les descriptions mathématiques d'univers données jusqu'à présent ne satisfont pas ce critère. C'est seulement le phénomène de conscience qui peut faire venir un univers « théorique » hypothétique à l'existence véritable ! Certains des arguments que j'ai donnés dans ces chapitres peuvent paraître tortueux et compliqués. Certains sont, je le reconnais, spéculatifs, mais je crois que l'on ne peut vraiment pas échapper à certains autres. Pourtant, derrière tous ces détails techniques, il y a le sentiment bien « évident » que l'esprit conscient ne peut fonctionner comme un ordinateur, même si une bonne partie de ce qui entre en jeu dans l'activité mentale pourrait le faire.




















DEEP FOREST


L’Arbre et la Forêt 

L’arbre 

est le singulier 
une forme une verticalité
un être qui se dresse dans son identité propre

il a son tronc 
sa mémoire ses blessures sa lenteur unique

l’arbre dit  un 

un lieu
une durée
une histoire



La forêt







elle est le pluriel fait monde 
un tissu de présences un réseau de racines mêlées
un murmure continu

elle ne se laisse pas saisir dans un seul regard 
elle est étendue profondeur récurrence

la forêt dit  beaucoup  dit  ensemble 

entre l’arbre et la forêt se joue 
une tension de l’individuel au collectif

la forêt n’existe que par la multiplication des arbres 
mais chaque arbre disparaît 
dans la masse

l’un donne la forme
l’autre donne le souffle
l’un est figure
l’autre est fond













regarder un arbre c’est déjà pressentir toute une forêt  et 

traverser une forêt c’est sentir dans chaque tronc 

la solitude d’un seul arbre 

dans cette oscillation se révèle une vérité de l’être 

nous sommes à la fois unité debout et multitude profonde



























 

ZÉNITH PERPÉTUEL

état dans lequel chaque instant est à son maximum
point d’accomplissement des voyageurs du temps


le zénith perpétuel évoque une hauteur immobile un sommet de lumière qui ne décline jamais une présence solaire suspendue au dessus du monde un point où le ciel ne bascule plus et où le temps semble retenir son souffle









dans ce zénith sans heure
le monde cesse de vaciller 
il repose dans un équilibre
où le clair et l’ombre
ne s’opposent plus
mais s’ajustent l’un à l’autre
comme deux lignes d’une même figure

le zénith perpétuel
n’est pas un état à atteindre
mais un point intérieur qui s’accorde
qui se règle comme une lentille
jusqu’à ce que la lumière
cesse d’être un accident
et devienne une manière d’être
















Hyperion 

présence verticale
colonne de lumière dressée dans l’espace mental

son nom porte un élan
une montée silencieuse
qui ne cherche pas le sommet
mais l’ampleur












Hyperion n’éclaire pas il déplace les ombres 

il montre ce que la lumière transforme

quand elle rencontre une limite




Il n’a rien d’un dieu qui exige il demeure une intensité calme

un repère pour l’esprit

lorsqu’il veut mesurer

la hauteur en lui-même



On ne gravit pas Hyperion on s’y aligne

il est une direction plus qu’un lieu

un axe intérieur

une forme de clarté qui se tient

entre la pensée et l’espace



Dans ses parois imaginaires tremblent les questions anciennes 

comment se tenir debout

comment traverser la nuit

comment laisser la lumière

ne pas tout dire

et pourtant tout orienter



Hyperion est moins un nom qu’une manière de voir 

une verticalité sans orgueil

une ouverture sans dispersion

une invitation à devenir

ce que l’on contemple












Hyperion est un ancien Titan fils dOuranos et de Gaia associé à la lumière céleste il engendre avec Théia Hélios Séléné et Eos devenant ainsi la source mythique du soleil de la lune et de laurore il incarne la clarté première qui précède les dieux de lOlympe et représente la vision pure qui traverse le ciel



























Le Géomètre du Vent

ne trace aucune ligne visible

il travaille dans l’air
dans ces déplacements qui semblent erratiques
mais suivent pourtant 
une logique 
subtile

















Il mesure les angles d’une rafale

l’arc invisible qu’une brise décrit

en contournant une façade

la courbe silencieuse

que dessinent les herbes lorsqu’elles s’inclinent


Rien n’est stable dans son domaine 

les données se dissolvent aussitôt apparues

les formes se modifient sans prévenir


Pourtant le géomètre n’en perd pas la trace 

il saisit dans ce flux

une cohérence qui ne s’écrit pas



Il sait que le vent parle

sans utiliser de mots

qu’il sculpte l’espace

plutôt qu’il ne le remplit

qu’il révèle les contours du monde

par ce qu’il effleure


Son travail n’est pas d’ordonner

mais de comprendre la mobilité

de percevoir la structure d’un mouvement

qui ne vise rien

et qui pourtant signifie



Le géomètre du vent avance

comme on avance dans une pensée souple 

en laissant les variations indiquer la voie

en accueillant les détours

en reconnaissant dans chaque souffle

une forme d’écriture abstraite

que seuls lisent

ceux qui acceptent l’impermanence



Ainsi dans l’air
se dessine une géométrie sans figure
un savoir précis
mais jamais figé










le géomètre du vent

Fonction  
cartographier les courants invisibles
Pouvoir  
ressentir la topologie du temps
Signes 
compas sans aiguilles
Domaine 
haute atmosphère
Risque 
confondre espace et durée

























 

HÖLDERLIN 

messager solaire

traversée de l’abîme











son regard voit directement l’éternité dans le paysage 

chaque fleuve lui parle

chaque montagne lui murmure son autre nom 

il avance avec la lenteur d’un dieu blessé 

mais sa blessure éclaire tout ce qu’elle touche



et ouvertement je vouais mon cœur à la terre grave et souffrante et souvent, dans la nuit sacrée je lui promis de l’aimer fidèlement jusqu’à la mort sans peur avec son lourd fardeau de fatalité et de ne mépriser aucune de ses énigmes...
















le sens 

des mots peut être déduit 

par des statistiques complexes des mots qui l’entourent


entre 

l’univers des idées et celui des nombres

il existe une passerelle 

 

les probabilités


en construisant l’espace de signification d’un mot et la géométrie de ses relations avec les autres mots d’un même texte  il est possible de donner un équivalent statistique d’un mot par un autre ce qu’on appelle sa signification  latente  ce qui permet sa traduction



























pourquoi revenir 

s’il y a la misère et la guerre 


pour 

un battement de cil 

le bruissement  d’un papillon





















pour 
la tempête qui fouette la houle

pour 
le ciel serein qui reparaît





pour 
le mot libellule 
pour toi
pour la magie 
du monde





pour la lune et son fouillis d'astres illimité
pour un ciel noir
un nuage clair



pour les rayons 
de soleil 
pour la chaleur 
d’un feu 
pour les rires et peines



pour 
le temps qui s’écoule et qui donne 
de la valeur à l’existant



pour 
un pied qui goutte l’eau avant 
de plonger



pour 
les couleurs 
des cœurs en fêtes 




pour 
la musique




pour 
le réconfort 
d’une vue après des heures 
d’effort




pour 
le tonnerre 
la fougue et les aléas



pour 
la cerise qui coule et tache quelque fois



pour 
revoir tes yeux
pour être ensemble là




pour 
danser sous la pluie et toucher 
d’autres corps



pour voir 

pousser une feuille qui s’envolera bientôt

pour la miette 

de grand-mère sur sa commissure des lèvres


pour les mets et l’ivresse

pour le rire d’un enfant


pour un vers 

grouillant invisible inaudible et aveugle


















la dialectique éristique  

une technique de controverse


cette technique qui peut apparaître comme une forme d'art repose sur la distinction entre la vérité objective d'une proposition et l'apparence de vérité que cette proposition peut prendre aux yeux des disputeurs et des auditeurs


36 stratagèmes 
de la dialectique éristique selon 
Schopenhauer






































l’exagération 
 
exagérer les propos de son adversaires les vôtres paraîtront alors plus raisonnables


l’homonymie  

manipuler  le sens des propos de votre adversaire


la généralisation  

généraliser un argument particulier et attaquer ensuite cette idée


la parcimonie  

masquer vos conclusion  jusqu’à la fin


l’utilisation 

des croyances de votre adversaire contre lui


la déformation 

des paroles  de votre adversaire ou de ce qu’il cherche à prouver


le questionnement 

à outrance  de votre adversaire permettant de le déstabiliser


faire en sorte que votre adversaire soit en colère 

une personne en colère est moins à même d’utiliser son jugement


la manipulation des réponses de votre adversaire

pour parvenir à des conclusions différentes voire opposées


crier victoire

même quand vos arguments sont vaincus


en fin de débat 

résumer vos conclusions  en les posant comme des faits établis


l’utilisation de métaphores qui vous sont favorables


utiliser une contre-proposition absurde 

à l’argument de votre adversaire et l’assimiler à son argument


essayez de bluffer votre adversaire 

en avançant vos conclusions même si il refuse vos prémisses Si votre adversaire est timide ou stupide et si vous vous posséder beaucoup d’impudence et une bonne voix la technique peut réussir


éluder une proposition trop difficile à prouver


pointer des soi-disant paradoxes 

ou contradictions dans la pensée de votre adversaire


ambiguïser 

tous les propos de votre adversaire par exemple s’il parle de Dieu parlez de  religion 


la négation de la défaite 

si l’argument de votre adversaire est victorieux ne le laissez pas conclure


généraliser 

votre adversaire pointe une faiblesse dans vos arguments parlez de fiabilité de la connaissance humaine par exemple ou en tout cas d’un point incontestable


piéger votre adversaire 

en le faisant admettre 
vos conclusions si il reconnaît un seul de vos arguments


répondre au mensonge par le mensonge



22 

Mettez en doute tout propos de votre adversaire


23

Étendre et exagérer les propos de votre adversaire


24 

Utiliser des syllogismes


25

Contrer les généralisations de votre opposant


26

Retourner les arguments de votre adversaire contre lui-même


27

En cas de colère de votre adversaire, exacerbez-la


28

Rendre inaudible l’adversaire Lorsque le public est composé d’individus profanes sur le sujet en débat lui demander une explication sur un sujet long et technique afin de le faire âraître compliqué et ennuyeux aux yeux du public


29

Le déni  Si vous voyez que vous êtes battu créer une diversion  commencer un autre sujet


30

Utiliser des arguments d’autorité


31

Feindre l’incompétence Si vous ne savez pas répondre aux arguments de votre adversaire déclarez que votre adversaire croit être plus compétent que tout le monde


32

Pratiquer l’outrance  associer l’argument de votre opposant à une catégorie odieuse par exemple l’obscurantisme ou le fascisme


33 

Dissocier théorie et pratique  Réfuter l’applicabilité des arguments de votre adversaire et les renvoyer à des chimères théoriques


34

Postuler l’incompétence de votre adversaire en postant une question et en ne le laissant pas répondre


35 

Jeter la suspicion sur votre adversaire en lui prêtant des motifs inavouables


36 

Faire glisser les arguments sur un terrain personnel et devenir grossier voire insultant















 

un souffle sec à peine entendu
comme l’écho d’un silence qui cherche compagnie


une vibration solitaire qui frappe l’air
sans partenaire pour la répondre


un instant suspendu
où l’oreille devine le geste plutôt que le son


quel bruit 
fait 
le battement 
d'une 
seule main




























un souffle
un instant
une vibration


























Viens et Vois 

deux mots un appel


Viens  

mouvement vers l’inconnu 
pas encore fait 
invitation à franchir une frontière intérieure

Vois

ouverture 
du regard
risque de la vérité
éclat du réel sans voile


dans cette formule brève se concentre toute une pédagogie du dévoilement  il ne suffit pas de regarder de loin il faut s’approcher consentir à être transformé par ce que l’on rencontrera























Viens et vois 
est une injonction 
à la présence radicale 
à la disponibilité au courage 
de laisser le monde nous atteindre











c’est aussi la phrase du témoin  
elle ne discute pas elle ne prouve rien 

elle appelle

elle affirme que la réalité
lorsqu’on s’y expose  parle d’elle-même



ainsi
viens et vois 
n’est pas une simple invitation  

c’est une initiation 

une porte entrouverte 
vers la vision qui change la vie


























Si tu prêtes l’oreille  les pierres parleront 

non en mots
mais en densité
en grain
en tremblement immobile












Leur langage est fait de strates
de pressions anciennes
d’un temps qui ne s’écoule pas
comme le nôtre
mais se dépose
couche après couche
dans leur silence minéral










Elles racontent la lente fabrication du monde

les forces qui ont plié la terre

le passage ancien des eaux

les brûlures du soleil

les fractures de la nuit




Pour entendre les pierres il faut ralentir

jusqu’à leur vitesse 

s’asseoir

laisser tomber l’empressement

accorder son souffle

à leur immobilité









Alors quelque chose se dévoile non une révélation

mais une infime correspondance

comme si le corps reconnaissait

une mémoire plus vieille que lui




Les pierres ne parlent pas pour informer

mais pour rappeler 

le monde tient debout

par des forces patientes

et toute existence

même brève

porte en elle

la continuité de ce silence