dimanche, octobre 05, 2025



sutra de la Lumière des Étoiles


ainsi ai-je entendu 


la lumière voyage des millions d’années

elle traverse le vide

elle effleure les mondes éteints

elle arrive jusqu’à nos yeux messagère du passé


cette clarté est appelée Lumière des Étoiles
















elle nous enseigne que ce que nous voyons

n’est jamais le présent

mais toujours une mémoire

un éclat d’un temps révolu


le sage contemple une étoile

et voit en elle sa propre vie 

un éclat qui persiste au-delà de l’instant

un feu qui continue de voyager

longtemps après s’être éteint

















lac de montagne


au sommet du monde

là où l’air devient silence

un lac repose


il ne parle pas

il ne s’écoule pas

il recueille

















miroir des nuages

pupille claire du ciel

il tient entre ses rives de pierre

le secret des hauteurs


là où la montagne est dure

il est douceur


là où tout semble aride

il est source d’invisible vie


celui qui se penche sur ses eaux

voit plus que son visage 

il aperçoit l’alliance du monde

le ciel uni à la terre

l’éternité abritée dans une goutte de clarté


le lac de montagne ne s’impose pas

il demeure

et dans son repos

il enseigne la paix




un lac sur la montagne 

est 

une image d’une grande force symbolique


pureté

l’eau recueillie au sommet n’a pas encore traversé les vallées ni connu les souillures Elle est proche du ciel limpide comme un miroir des nuages

retenue silencieuse

au lieu de se précipiter comme la cascade 
il demeure il recueille il garde le secret des hauteurs

miroir

reflet du ciel dans la pierre 
union de l’éphémère et de l’immobile

vie cachée

au sein de l’austérité  au milieu du roc et de l’altitude il abrite un monde discret — 
algues oiseaux insectes 
rappelant que la vie s’invente partout où l’eau séjourne


ainsi 
un lac sur la montagne est comme 
un cœur immobile dans le corps du monde

calme profond silencieux 

reliant 

la terre au ciel















sutra du Vide Intergalactique


ainsi ai-je entendu 


il est un espace sans chemin

une étendue où rien ne brille

un océan noir plus vaste que la pensée


cet océan est appelé Vide Intergalactique

mais ce vide n’est pas absence 

il est réceptacle

il est silence

il est le souffle invisible qui donne place à l’infini

















le sage apprend que le vide n’effraie pas 

il libère il ouvre il accueille

car sans vide il n’y aurait pas de danse des mondes

pas de lumière

pas de vie

















le mot sūtra

ou soutra du sanskrit सूत्र) signifie littéralement 

fil  ou  corde 



origine


en Inde ancienne 

un sūtra était un court énoncé 

qui résumait l’essentiel d’un enseignement religieux philosophique ou scientifique

ce terme vient de la racine sanskrite siv  coudre lier  

le sūtra est donc un fil qui relie des vérités
















dans l’hindouisme

les sūtras sont des textes concis 

qui forment des manuels d’enseignement souvent aphoristiques

exemple : 

les Yoga Sūtras de Patañjali 

qui exposent la pratique du yoga en formules brèves


dans le bouddhisme

un sūtra est un discours attribué au Bouddha ou à ses disciples

ces textes forment une partie essentielle des écritures bouddhiques

souvent en style poétique ou répétitif

destinés à être récités et mémorisés


sens symbolique


par extension un sūtra est un texte court et dense

qui condense une sagesse ou une vérité spirituelle

c’est une parole faite pour être méditée répétée contemplée

plutôt que simplement lue




en résumé 

un sūtra est un fil de mots qui relie l’esprit à la sagesse 

une formule condensée qui ouvre à la méditation

un enseignement conçu pour être transmis et vécu

















sutra de la Singularité


Ainsi ai-je entendu 


il est un point qui n’est ni grand ni petit

ni avant ni après

ni visible ni caché


un point sans étendue

où le temps s’efface

où l’espace se replie sur lui-même

comme une vague qui retourne à la mer


ce point est appelé Singularité






























il est fin et commencement

vide et plénitude

silence et déferlement


dans la Singularité

tout est contenu sans être séparé

tout est dissous sans être détruit


le monde entier y dort comme une semence

et de là surgit la danse des galaxies

le souffle des étoiles

le pas des créatures


le sage qui contemple la Singularité

ne demande pas  qu’y a-t-il avant 

ni  qu’y aura-t-il après 


il demeure dans l’évidence que le centre du mystère

est aussi son propre cœur


car l’homme est fait de Singularité 

chaque instant de sa vie

est une origine infinie

chaque souffle est un monde en expansion

chaque silence est un trou noir

où la pensée s’engloutit

pour renaître plus vaste encore


ainsi le Sutra enseigne 

ne crains pas le point qui dissout

ne cherche pas à posséder ce qui échappe

mais demeure dans l’éclat du mystère


car la Singularité n’est pas ailleurs

elle est le noyau du présent

elle est la graine d’éternité

qui brille dans l’instant

























le plein du vide 

évoque le paradoxe fécond où l’absence devient présence

le vide n’est pas néant 

il est 

espace 
souffle 
ouverture

dans ce vide se déploie une plénitude invisible

silence habité 
paix profonde 
énergie latente

c’est l’expérience 
que le rien n’est jamais rien, 
mais 

une matrice où tout peut naître 

un creux qui contient déjà le monde





l'immensité dissipe les soucis  




la profondeur du ciel apaise les pensées

la rivière emporte les fardeaux muets

le vent défait les nœuds du cœur

la montagne réduit les peines à l’échelle du caillou

l’océan absorbe les inquiétudes comme un grain de sel

le silence étire les blessures jusqu’à les dissoudre

la nuit vaste éteint les brûlures du jour

l’horizon avale les tourments dans son immensité











 le héron


il se tient immobile au bord de l’eau

ses longues pattes effleurent la surface

ses yeux scrutent le miroir du monde


il ne court pas

il ne s’agite pas

il attend

il attend le moment juste

le souffle parfait

la rencontre silencieuse entre le ciel et la rivière

















il est à la fois près de la terre

et en dialogue avec le vent

messager discret entre ce qui se meut et ce qui demeure


son vol s’élance sans bruit

effleure le matin caresse les nuages

et disparaît comme un fil de lumière dans l’horizon


solitaire il marche dans les marais

enseignant que la patience n’est pas passivité

que la lenteur est une forme de sagesse

et que le monde pour qui sait observer 

se révèle dans ses moindres gestes


le héron est silence et éclat

équilibre et vigilance

un souffle suspendu entre l’eau et le ciel

un instant qui dure

un monde que l’on peut tenir dans le regard

















la pierre et l’éternité


la pierre n’est pas simplement un morceau de matière  elle est mémoire témoin silencieux du temps Chaque grain chaque veine chaque fissure raconte l’histoire des forces qui l’ont façonnée : le feu qui jaillit des entrailles de la terre la pression des siècles l’usure des vents et des eaux Une pierre est à la fois un fragment du monde et le monde lui-même concentré réduit à son essence la plus durable


regarder une pierre c’est contempler l’éternité dans l’instant  Car elle transcende le temps humain : des milliers des millions d’années se sont succédé pour que ce bloc existe et pourtant il demeure là immobile indifférent aux époques qui passent La pierre nous force à penser autrement : non pas en termes de durée éphémère de la vie humaine mais en termes d’endurance et de continuité Elle nous apprend que l’éternité n’est pas un concept abstrait mais une présence tangible inscrite dans la matière
















Elle enseigne également l’humilité Face à la pierre l’homme réalise la petitesse de ses projets et de ses passions Nos villes s’effacent nos noms s’éteignent et pourtant la pierre reste témoin de forces qui nous dépassen. Et dans cette permanence il y a une leçon subtile : l’éternité n’est pas seulement ce qui dure mais ce qui contient le monde dans son silence dans sa stabilité


la pierre n’est pas morte : elle est active dans sa persistance Chaque fissure chaque cristal chaque grain est l’expression de l’énergie accumulée dans les siècles Elle nous rappelle que l’éternité n’est pas statique qu’elle est le produit du temps long du mouvement imperceptible des forces naturelles à l’œuvre La pierre devient alors une métaphore de la vie elle-même : durable patiente silencieuse et capable de concentrer en elle l’infini de l’histoire et de la nature


Ainsi méditer sur la pierre c’est méditer sur l’éternité C’est accepter que le temps humain n’est qu’un souffle Apprendre à sentir à travers ce souffle l’immense continuité du monde La pierre dans sa simplicité apparente nous ouvre une fenêtre sur le cosmos sur ce qui dépasse la vie sur ce qui perdure au-delà de tout passage

















il y a des pierres 

dans lesquelles toute la gloire de la nature

est 

comme 

concentrée



elles ne sont pas seulement matière elles sont mémoire
















chaque strate 
chaque cristal
chaque veine de couleur est un chapitre de la terre 
écrit sans encre mais avec 
le feu 
la pression
le temps


une pierre peut contenir la mer fossilisée en coquillages la montagne réduite en poussière l’explosion d’un volcan figée en éclat de lave

elle garde en elle le secret de millions d’années comprimées en une forme muette

et quand on la contemple 
on contemple en silence l’immensité des forces qui l’ont façonnée 

la patience de l’eau 
la colère du feu
la gravité qui pèse
le vent qui sculpte


ainsi 
dans une simple pierre 
ramassée au bord du chemin 
toute la gloire de la nature se condense
 
la grandeur du monde 
rassemblée dans un fragment

l’éternité offerte dans la paume d’une main

















un mince filon de quartz 

cicatrice lumineuse d’un temps profond


derrière lui se tient la patience des ères

la lenteur des pressions et des feux souterrains


dans ce trait fragile 

se cache l’histoire entière de la terre

condensée en 

une veine de clarté

















mousse arctique

sur la face du rocher qui demeure obscure


là où le soleil ne vient jamais

là où la pierre garde sa froideur muette

s’accroche un souffle de vert

mince discret obstiné


le temps s’étire dans son silence

les ères passent le vent efface

et pourtant la mousse demeure

tapis fragile contre l’immuable




elle dit 

la lumière n’est pas toujours nécessaire

il suffit d’un souffle d’une goutte d’un rien

pour que la vie se glisse dans l’ombre


elle dit 

même la pierre obscure porte en elle

le secret d’un éclat

d’un lent patient miracle


















il n’y a pas de fin

seulement les sommets enneigés des montagnes


chaque ascension me révèle 

un autre sommet derrière les nuages


la marche ne mène pas à un terme mais à une ouverture toujours plus vaste

peut-être que la vérité n’est pas dans l’arrivée

mais dans le souffle qui me porte

dans l’éternité du pas qui recommence


















dans les montagnes 

le ciel n’est plus seulement au-dessus 

il devient voisin 

presque tangible


il représente l’infini qui se rapproche 

l’espace où la terre cesse et où commence l’illimité


il est la promesse d’un dépassement 

mais aussi 

le miroir du silence intérieur


face à lui 

je me découvre minuscule 

et pourtant relié à 

une immensité qui m'accueille




la philosophie n’est pas un livre fermé elle est un sentier de montagne un souffle dans l’air glacé une clarté qui n’apparaît que lorsque les pieds fatigués mais libres ont appris à danser avec la terre

ainsi pensait Nietzsche 

















le Calendrier des Douze Lunes


Lune du vent

elle ouvre le cycle C’est la lune du souffle qui disperse qui emporte l’ancien et nettoie les traces On y apprend à se détacher à laisser aller ce qui doit partir


Lune de la tempête de neige

Le froid recouvre la terre et force l’âme au silence Cette lune enseigne la patience la retraite intérieure l’art de se tenir immobile au cœur du tumulte


Lune de l’aigle

sous son règne l’esprit prend de la hauteur C’est le temps de la vision claire de l’élan qui traverse les nuages et contemple le monde depuis l’horizon

















Lune des racines profondes

la force revient de la terre Cette lune invite à s’enraciner à puiser dans la mémoire des ancêtres à se fortifier dans l’invisible


Lune des eaux endormies

Ici tout est repos surface calme et miroir On y apprend l’écoute l’accueil la contemplation du reflet des choses


Lune des montagnes lointaines

Elle élève le regard vers les sommets encore inaccessibles C’est le temps de la quête de l’effort de l’appel vers ce qui dépasse


Lune du feu secret

Une ardeur invisible brûle au cœur de la nuit  Cette lune enseigne à nourrir la flamme intérieure discrète mais inextinguible


Lune des pas invisibles

Elle est la lune du mystère et de l’errance C’est l’heure des chemins incertains des voyages intérieurs dont on ne connaît pas encore l’issue


Lune des chants anciens

Sous cette lune résonne la mémoire des peuples et des voix perdues Elle nous relie aux histoires enfouies aux sagesses oubliées


Lune de la pierre muette

Stable lourde silencieuse Elle enseigne la solidité la patience et la sagesse du temps qui use tout sans bruit


Lune des visages oubliés

C’est la lune de la mémoire profonde où reviennent les images des disparus les traces de ce que nous avons été


Lune du silence éclatant

Clôture du cycle  dans le silence se révèle la clarté absolue C’est la lune de l’unité du retour à l’origine du repos dans la lumière