lundi, novembre 10, 2025

 



lundi 10 novembre 2025

le jaune de Naples


un jaune rosé opaque populaire à la Renaissance  son nom provient des dépôts naturels trouvés au Mont Vésuve à Naples  fabriqué à l'origine avec de l'antimoniate de plomb le jaune de Naples est l'un des plus anciens pigments synthétiques connus datant d'environ 1620
















le jaune de Naples 

une couleur rare tendre et subtile  ni solaire ni terrestre à la frontière du visible et du spirituel elle contient la lumière du monde sans son éclat  comme un souvenir du soleil plutôt que sa présence

une exploration intérieure de la lumière 

un cycle chromatique de conscience 



Méditation sur le Jaune de Naples

un jaune qui ne crie pas
ne cherche pas à briller


il se souvient de la lumière
comme d’un ancien amour

entre l’or et la cendre il tient dans sa douceur
le calme de ce qui sait


Jaune de Naples 


le soleil qui s’est assis  le jour qui médite sur lui-même


la lumière s’y fait lente


intérieure
respirante



regarde cette couleur ne dis pas jaune ne dis pas lumière laisse-la simplement 

être là
comme une présence tranquille




elle 

n’a rien à prouver
elle est

toi en la regardant tu deviens elle 


espace tiède
conscience suspendue entre terre & ciel


le jaune de Naples n’illumine pas
il révèle


ne montre pas ce qui brille mais ce qui respire


enseigne 

la lenteur
le contentement d’être




c’est la couleur du oui silencieux le ton d’un cœur apaisé
qui ne cherche plus à comprendre


dans la non-dualité
il n’y a pas 

de jaune ni de regard
il n’y a que 

la clarté sans bord
qui se reconnaît elle-même



le jaune n’est pas dehors  il est ton propre être devenu lumière


le monde entier repose dans cette nuance tendre
où tout est vu & rien n’est séparé


quand tu peins le jaune de Naples ne peins pas / respire / laisse la lumière passer à travers toi / comme si le pinceau était le souffle du soleil / chaque couche dépose un peu de paix / chaque transparence ouvre un espace / à la fin / il ne reste plus de couleur / plus de main /  plus de nom / seulement cela 

 

la douce 
présence du monde
immobile et aimante qui se regarde être






MDA
MONOCHROME D'AUTOMNE

UCCDC
UN CYCLE CHROMATIQUE DE CONSCIENCE





















 



fenêtre du jour

twillight 

10 novembre 

2025

17 H 17














il y a 

dans le ciel une beauté qui ne se laisse pas posséder
qui se refuse aux mains humaines

bleu tendre du matin éclat 
doré du couchant
étoilée 

profondeur 
de la nuit 

chaque nuance est un appel à l’émerveillement 
et à l’humilité









contempler le ciel c’est se trouver face à l’infini
mesurer notre propre finitude et 
reconnaître que le monde 
dépasse nos désirs 
nos calculs et nos 
frontières

















 

neuf novembre 

2025

cormet un mot étrange





CORMET

viendrait probablement 
du patois savoyard ou de l’ancien français régional
lui-même dérivé du latin


hypothèse principale


du latin 

carmen 

passage ou chemin tracé  

ce qui 
correspond bien 
à l’idée 

d’un col 
comme passage entre vallée













  •  

    tu dois comprendre la nature à partir de toi-même…

    pour 
    Schopenhauer 

    le monde extérieur n’est qu’une représentation 
    produite 

    par le sujet

    la seule réalité 
    à laquelle nous ayons accès directement


    c’est nous-mêmes en tant que volonté












    ainsi
    pour comprendre la nature
    il faut partir de ce que nous éprouvons en nous-mêmes : 

    effort
    tension 
    désir
    énergie  

    c’est cela la clé de la réalité universelle 

    la nature est volonté objectivée





    et non pas toi-même à partir de la nature

    l’erreur de la science matérialiste consiste à croire que 
    la conscience est 
    un produit de 
    la matière

    Schopenhauer renverse cette idée  

    la matière la nature les corps ne sont que 
    manifestations de la volonté que 
    nous connaissons en nous 

    avant 
    toute observation 
    extérieure











    voilà mon principe révolutionnaire


    et en effet 

    c’est une véritable révolution philosophique 


    Kant avait distingué phénomène et chose en soi 

    Schopenhauer identifie la chose en soi à la volonté 


    accessible par l’expérience intérieure

    il fonde ainsi une métaphysique de l’intériorité 

    comprendre le monde 

    c’est comprendre ce qu’on est



































     



    Cormet d'Arêches

    novembre

    2025

    le temps est un masque de la réalité


















    un filtre de notre perception 
    qui transforme l’illusion en expérience vécue




    le temps est un voile dans mon esprit

    le temps est un souffle qui ordonne les formes

    le monde et moi ne sommes que représentation

    la durée donne l’illusion de la continuité

    tout ce qui semble passer est immobile dans la volonté

    je contemple le flux sans m’y perdre

    le passé et le futur sont des fantômes qui glissent










    le présent seul est réel 
    le présent seul est réel

    je demeure ici 
    je demeure maintenant

    &

    la paix demeure 
    la paix demeure 
    la paix demeure





    le temps est un dispositif de notre cerveau qui sert à donner à l’existence foncièrement illusoire des choses et de nous-mêmes une apparence de réalité par l’intermédiaire de la durée A.S




























     



    on the road again 

    novembre

    2025

    recommencer à vivre librement

    voyager

    retrouver le mouvement de la vie et la musique












    sur la route du Cormet d'Arêches avec mes amis



    la route s’ouvre 
    dans le souffle elle n’est ni départ ni retour 
    mais ce qui emporte le pas et le mot ensemble 



    André Du Bouchet  

    avance dans la poussière du monde 

    la route c’est la page blanche qu’il traverse 

    le blanc qu’il respire 

    la marche devient phrase sans fin 

    elle bute s’interrompt reprend comme la langue haletante du vent 

    chaque mot posé est un caillou chaque silence une halte 

    la route n’est pas devant 

    elle est sous le pied dans le mouvement même d’avancer 

    le réel s’y défait et se refait dans le souffle du présent 

    le poète marche et écrit 

    pour se tenir dans l’air pour être là où rien ne dure 

    la route est ce qui demeure quand tout s’efface 

    une trace qui s’éloigne de son propre tracé



    Arthur Rimbaud 

    déjà 

    marchait dans le feu des routes avec la bouche pleine d’espace 

    il voulait traverser le monde pour traverser le langage 

    la route chez lui c’est la brûlure 

    la fuite 

    l’éclat d’une vision qui s’échappe 

    il marche pour sortir de la parole 

    pour devenir ce qu’il voit et ce qu’il ne voit pas dans la poussière

    il jette la poésie comme on jette son nom sur la terre ouverte 


    André Du Bouchet 

    lui reprend la marche 

    non pour fuir mais pour tenir 

    dans la lumière tremblée là où le mot 

    s’accorde 

    à la pierre au souffle 

    au froid


    la route passe entre eux comme une ligne d’air 

    elle relie la révolte à la patience 

    Rimbaud déchire Du Bouchet respire 

    mais l’un et l’autre savent que le monde n’est pas derrière ni devant 

    qu’il est dans la marche nue 

    dans le pas qui cherche sans atteindre 

    dans la parole qui s’efface pour laisser passer la terre


    ainsi la route n’est pas voyage 

    elle est présence 

    elle ne conduit pas 

    elle tient le poète dans la tension de l’inachevé 

    un passage sans fin 

    où le silence et le vent font signe au lieu des mots



    *



    chaussures sur la route
    le monde danse sous mes pas
    rire et vent s’élancent


    chemins sans fin s’étirent
    le souffle du matin m’accompagne
    je vais où je vais


    à nouveau sur la route
    le ciel et la terre me suivent
    mes pas tracent la vie















     




    sur la route du Cormet d'Arêches

    novembre

    2025

    le présent seul en effet est réel








    le présent seul est réel


    le présent seul respire


    le passé s’éteint comme une trace sur l’eau


    le futur n’est qu’un mirage qui s’avance et s’efface


    seul cet instant existe


    seul ce souffle a lieu


    je suis ici je suis maintenant


    tout le reste n’est qu’un jeu de mon esprit


    tout le reste n’est qu’une ombre qui passe


    je demeure dans le réel


    je demeure dans le présent




    &

    le calme demeure

    le calme demeure 

    le calme demeure








    le présent seul en effet est réel 

    tout le reste ne serait qu’un jeu d’imagination












     


    sur la route du Cormet d'Arêches

    novembre

    2025

    Wasserfall













    une image emblématique dans les illuminations

    Aube

    je ris au 
    wasserfall blond 
    qui s’échevela à travers les sapins 
    à la cime argentée je reconnus la déesse


    Wasserfall  cascade en allemand

    l’expression 
    wasserfall blond évoque 
    une cascade dorée ruisselante de lumière

    le verbe s’échevela se décoiffer 
    personnifie la cascade  elle devient chevelure mouvement vie

    l’ensemble crée 
    une image mystique et sensuelle 
    où la nature semble animée féminisée divine



    la cascade 

    manifestation 

    de l’Aube

    de la lumière vivante




    elle est à la fois élément naturel et signe du sacré

    elle conduit le poète vers la déesse figure de la révélation


    elle incarne 

    le mouvement la clarté l’énergie vitale

    thèmes centraux des 

    Illuminations


    la fusion eau-lumière

    chez Rimbaud l’eau n’est jamais seulement liquide  
    elle devient lumière chevelure
     feu miroir

    la cascade 
    est donc un archétype 
    du mouvement lumineux 
    un pont entre le terrestre et le spirituel




    *


    un flux continu rimbaldien
    un cantos verbal sans ponctuation 
    où la cascade devient mouvement souffle illumination


    je ris au wasserfall 

    blond 
    qui s’échevela dans 
    les sapins 


    la forêt se mit à respirer 
    de lumière 

    les flots tombaient comme 
    des chevelures 
    ardentes 

    & la montagne frémissait sous le rire de l’aube 
    & la terre vibrait dans la clarté neuve 
    & l’eau roulait en éclats dorés vers la plaine infinie 
    & tout chantait tout brûlait tout s’ouvrait à la vision 

    je reconnus 
    la 

    déesse 
    dans le frisson liquide 
    du jour 
    dans la fuite 
    du vent 
    dans l’éclat 
    des pierres  le ciel tournait 
    dans l’eau 
    dans la lumière 
    dans mes yeux ouverts comme 
    des soleils



    ***



    Illuminations et non dualité

    Rimbaud cherche à dépasser la perception ordinaire du monde pour atteindre une vision totale et unifiée ce qu’il appelle l’expérience du  

    voyant 

    cette quête poétique peut être rapprochée de la philosophie advaita non-dualisme qui enseigne que l’Atman le soi et le Brahman le Tout sont une seule réalité et que la séparation entre sujet et objet est illusoire

    dans Aube le poète écrit 

    Je ris au wasserfall blond qui s’échevela à travers les sapins  

    à la cime argentée je reconnus la déesse

    ici la cascade devient chevelure lumière et divinité : le poète n’est plus distinct de la nature mais fusionne avec elle découvrant le divin dans le monde sensible 

    de même l’advaita décrit l’expérience d’illumination comme la disparition du moi limité laissant percevoir l’unité de toute chose

    le flux poétique continu sans ponctuation comme dans   les vents les flots les feuilles les voix les éclairs comme des bêtes comme des flammes comme des torrents  illustre cette immersion totale dans le réel où le temps l’espace et le sujet s’effacent

    les visions éphémères de Rimbaud 
    semblables à la lumière qui s’évanouit dans Aube  

    au réveil il était midi et la lumière s’était retirée 

    rappellent la fugacité de l’expérience mystique advaita révélant pourtant la vérité de l’unité sous-jacente 

    ainsi par le dérèglement des sens et la prose poétique hallucinée Rimbaud atteint en poésie un non-dualisme sensible montrant que la fusion du sujet et du monde la reconnaissance du divin dans la nature et le flux universel de la réalité peuvent être vécus aussi bien par le poète que par le mystique advaita

















     



    Lac des Fées

    novembre

    2025

    contemplation










    regard

    conscience


    un état de grâce sans volonté

    une délivrance silencieuse




    je contemple 

    &

    je cesse de vouloir


    je regarde 

    &

    le monde devient clair



    les désirs tombent comme la pluie sur la terre




    je surnage au-dessus du poids des choses

    je suis pur regard 

    je suis souffle libre



    le lac m’élève hors du tumulte



    je ne cherche

    plus 
    plus  je ne veux 
    plus je ne crains 
    plus




    je contemple 

    &

    je suis






    dans 
    cet instant 
    suspendu je touche 
    la paix que rien ne promet 
    mais que tout contient le bonheur pur 
    le bonheur silencieux le bonheur sans désir