mercredi, juin 25, 2025

la dislocation du discours linéaire 

assure 

un pouvoir 

inépuisable de renouvellement  




par 
son 
décentrement son absence fondamentale 
de direction 
d'orientation 
de norme 

l'espace linguistique
s'offre sur le mode d'une expansion 
volumétrique globale 
instantanée




























 

l'essentiel de la motivation poétique

est dans l'attitude de lecture que le poème réussit ou plus souvent échoue à imposer au lecteur  attitude motivante qui au-delà ou en deçà de tous les attributs prosodiques ou sémantiques accorde à tout ou partie du discours cette sorte de présence intransitive et d'existence absolue que Paul Eluard 
appelle 

l'évidence poétique

cette proposition est encore plus vraie
si on remplace poème 
par liste à visée 
poétique



s'il est vrai que 
la poésie est dégrammaticalisation du langage 
la liste a sans doute quelques titres 
à faire valoir dans ses 
prétentions 
poétiques 


































liste des injures que Kent adresse à Oswald dans
Le Roi Lear de Shakespeare


Oswald

et pour qui me prends-tu

Kent

pour 

un faquin 
un gredin
un licheur de plats
un miteux
plat valet à trois livrées l'an
un tire-laine
un capon au foie blanc
un chicano
fils de garce
freluquet et lèche-cul
un gueux avec une malle pour tout bien
mixture de racaille de couard et de ruffian
chiot de chienne bâtarde 
manant que j'étrillerai






















































lucide

qui émet ou réfléchit la lumière

brillant
étincelant
luisant 
lumineux


j'aperçus 
brillante 
lucide comme une étoile à son lever 
une belle et noble 
pièce 


nous partirons 
cette nuit sous ce clair de lune si lucide





























qui laisse passer la lumière 
qui est d'une parfaite transparence

clair
limpide
pur
transparent



les joyaux 

lucides

l'aigue-marine si 

lucide 

ce bleu regard d'eau 

lucide 



























pénétrez dans la sphère du songe ...


le temps ruisselle 
sans autres canaux pour couler 
que les rigoles 
du trottoir ...


rejetez
avec 
rage et fierté
tous les avantages
artificiels
que vous offre
la situation


plus vous êtes fou





























fantastique
intuitif
incalculable
indémontrable
irresponsable

plus vous devez être
de sang-froid

lucide
clair
intelligent
clairvoyant
lumineux
responsable




























une couleur naissante 
impossible à nommer sans qu’elle ne disparaisse...

l’orchestre invisible

écoute 
comme par petites touches le temps 
s’épaissit

dans sa pâte de lumière

et d’obscurité

un roulement

une rumeur un peu marine

un peu comme si le sang du corps

remuait vers dehors

et se mêlait à l’air

dans 

















une couleur
naissante 
impossible 
à nommer 
sans qu’elle ne 
disparaisse

















Cécile A. Holdban 

Le Rêve de Dostoïevski,

Arfuyen

2025





un roulement

une rumeur un peu marine

un peu comme si ...




un cœur se serre

et fait vœu d’une rose aux pétales mobiles

dont le centre serait

notre feu absent


Le Rêve de Dostoïevski


un seul battement de cils dans le soleil antique et l’été 
coule entre nos doigts ....





















Droguet

l’eau cabossée sauvage dévalante merveille


à son bouillon turbulent phosphoreux

sa tambouille ratatouille

chevelu parloir à tout faire et défaire

qui simultanément















 

divague

fauche 

écorche 

bronche

vague 

désosse 

chuinte

rince

happe 

râpe 

ponce

berce 

caresse

prémédite




cet arrangement foisonnant se relit et le plaisir des jeux dans la langue ne faiblit pas  on se laisse  prendre au je  et l’on reconnaît plus aisément aussi une dimension plus sombre du texte en suivant  l’homme instable  qui  fuit le silence en retrouvant  le modeste réel 

petits arrangements avec les mots

















un chemin ...

un moulin ....

une forge ...


des chiens 

rouges 

hurlent 

clabaudent


cherchent qui dévorer

















protester de manière malveillante

le sujet désigne 
un chien de chasse  un chien courant

aboyer fort ou en dehors des voies mal à propos 

je m'en suis allé pendant que les chiens 
sur mes pas 
recommençaient de 
clabauder 

en parlant d'autres animaux

les oies 
les grenouilles clabaudent 

des canards clabaudaient 
en pataugeant dans l'eau de la fontaine 






clabauderie

fait d'aboyer à l'approche d'étrangers


parole malveillante 

clabaudage



























un simple chemin

en inconnu devant soi


pas de pierre

rien à construire

rien à détruire


 


voilà

l’éclaircissement qu’apporte l’orage


l’air devient le temps




chemin qui tourne et joue…


glisse 

entre les arbres 

comme 

un rire discret


s’échappe vers la lumière avant de disparaître dans l’ombre


le pas y invente un monde nouveau


le chemin danse

le regard le suit léger