Lionel André / promenades / randonnées / arts / littératures / air du temps
lundi, décembre 01, 2025
le noyau
est l’intérieur silencieux
la densité compacte où se concentre l’essentiel
il n’a pas besoin de paraître
c’est le point
le plus obscur et le plus fertile
là où l’être se condense avant de se déployer
la surface
est
l’exposition
ce qui touche le monde
ce qui réfléchit la lumière ce qui accueille le regard
elle est le lieu du contact
de la rencontre
de la forme
là où le noyau recueille
la surface diffuse
là où le noyau garde
la surface révèle
leur tension n’est pas opposition mais circulation la surface est l’éclat du noyau et le noyau la profondeur de la surface
L’un donne la vérité, l’autre la visibilité. L’être se constitue dans ce double mouvement : se retirer pour se concentrer, se déployer pour apparaître
c’est un transmetteur un être entre les mondes
entre chaos et clarté
entre monde inférieur et monde supérieur
entre obscurité et lumière du langage
le centre
est ce point d’immobilité intérieure où tout se rassemble
un axe
une concentration
une manière d’habiter son propre poids
il donne orientation
stabilité
gravité
le centre n’est pas un lieu
c’est
une posture de l’être une tension vers soi
la dérive
est le mouvement sans destination
l’ouverture au hasard
le glissement hors de tout axe
elle disperse
elle explore
elle déjoue l’ordre
là où le centre rassemble
la dérive dissout
là où le centre resserre
la dérive agrandit
mais l’un sans l’autre se déforme le centre se change en enclume s’il ne connaît pas la dérive la dérive se perd en poussière si elle ignore le centre
la modernité dans
Nombres
médias pouvoirs systèmes informations
fonctionne comme les
archontes gnostiques
des forces
qui enferment
qui dispersent l’attention
qui maintiennent la conscience dans la densité
l'Agent Secret
ne les décrit pas pour les servir
mais pour les désactiver par excès par saturation
en montrant leur chaos
il les dissout
le texte devient un exorcisme du réel
Archonte titre donné dans les républiques grecques et spécialement à Athènes aux principaux magistrats qui dirigeaient la république et dont la charge à vie à l'origine devint renouvelable tous les dix ans puis tous les ans et fut répartie entre un collège de neuf personnes
dans
une lecture gnostique le salut est personnel
l’œuvre n’enseigne pas
elle déclenche
Nombres
fait exactement cela
il ne guide pas le lecteur
il l’oblige à muter
à trouver son propre chemin dans le labyrinthe des fragments
la compréhension n’est pas immédiate
elle est expérientielle
Nombres pourrait être lu comme un évangile du monde moderne
non pas un texte sacré
la vérité est dans la dispersion elle-même
dans l’énergie des fragments
dans le mouvement du langage qui cherche sa source
Nombres met en scène la quête du lecteur-voyageur
retrouver l’unité derrière la multiplicité
la clarté derrière le bruit
le verbe derrière les nombres