mercredi, novembre 26, 2025

 

le futur minimal

écris une phrase brève 

décrivant ce que tu vas faire dans une minute

attends une minute

fais-le


puis relis la phrase 

en ayant 

l’impression qu’elle vient du passé lointain


le futur que tu as inscrit est désormais 

un souvenir








le 

temps 

a plié 

autour de l’écriture















 

la coïncidence consciente

durant la journée

repère 

une coïncidence même minime 


un mot entendu deux fois

une couleur répétée

un signe récurrent

ne cherche aucune signification


contente-toi d’accueillir 

la sensation que quelque chose t’a précédé










la synchronicité 

est 

un pli du temps























 

le miroir non temporel

regarde ton reflet
mais imagine que ce n’est pas toi maintenant
c’est toi dans vingt ans
ou toi dans un autre siècle
ou toi dans une ligne parallèle

laisse cette image te renvoyer une impression différente
le miroir cesse d’être un objet  


c’est un seuil



















 

l’écho des pas futurs

marche dans un lieu familier
en même temps que tes pas
imagine un second rythme  plus lent plus grave 
comme si une version future de toi marchait à côté


le double apparaît
le temps s’ouvre horizontalement













la  pollution  est aujourd’hui à la mode exactement de la même manière que la révolution  elle s’empare de toute la vie de la société et elle est représentée illusoirement dans le spectacle

elle est bavardage assommant dans une pléthore d’écrits et de discours erronés et mystificateurs et elle prend tout le monde à la gorge dans les faits

elle s’expose partout en tant qu’idéologie, et elle gagne du terrain en tant que processus réel 

ces deux mouvements antagonistes le stade suprême de la production marchande et le projet de sa négation totale également riches de contradictions en eux-mêmes grandissent ensemble 

ils sont les deux côtés par lesquels se manifeste un même moment historique longtemps attendu et souvent prévu sous des figures partielles inadéquates  l’impossibilité de la continuation du fonctionnement du capitalisme

























 

la dissolution de la flèche

assieds-toi
respire
ressens le passé comme une brume derrière
le futur comme un vent devant
puis ramène les deux vers toi
jusqu’à ce qu’ils se touchent dans ton centre

quand plus rien ne va  vers  ou  depuis 
tu es dans le présent total 



le temps s’est replié en sphère










que de choses à faire depuis toujours
ciel et terre en révolution 
temps bref
trop long dix mille ans
agir sur le champ
les quatre mers se retournent
les nuages et l’eau se déchaînent
les cinq continents tremblent
le tonnerre le vent sont violents
insectes nuisibles à balayer sans reste
ennemi à rendre impossible



pour éliminer la vulgarité il n’y a qu’un moyen  s’adonner intensivement à l’étude et à la lecture et ainsi des livres s’élèvera un courant spirituel ascendant
























sept 

grandes propositions 

sept

propositions fondamentales

7

grandes thèses 




la réalité consiste entièrement en faits existants 













un fait existe quand un état de choses se réalise 

la pensée reflète la structure logique du réel 

penser c’est exprimer une proposition signifiante 

une proposition dépend de la vérité de propositions simples 

toute proposition se construit selon une fonction de vérité 

il faut se taire sur l’indicible






la réalité est faite de faits un fait existe quand un état de choses se déploie la pensée reflète la logique du monde penser c’est donner forme à une proposition signifiante chaque proposition tire son sens des propositions simples toute expression se construit selon la vérité et sur ce qui dépasse le langage il faut simplement se taire


la réalité danse dans les faits un fait s’éclaire quand un état de choses se déploie la pensée se fait miroir de cette logique invisible penser c’est tisser des propositions qui portent sens chaque mot s’appuie sur des mots simples et chaque phrase suit la vérité silencieuse de ce qui est et ce qui dépasse le langage appelle le silence





la réalité 
danse 
dans les faits 
un fait s’éclaire quand 
un état 
de choses se 
déploie 
la pensée reflète 
cette logique invisible 
penser tisser 
des propositions 
qui portent sens 
chaque mot s’appuie sur 
des mots simples 
et chaque phrase 
suit la vérité 
silencieuse 
de ce qui est et 
de ce qui 
dépasse le langage 
il faut simplement 
se taire









empan de terre vaincue d’un seul sommeil

la nuit pose sa main
et tout s’effondre en silence











la terre oublie son poids le monde tient dans une paume

un sommeil suffit
à désarmer la durée











terre étroite 

vaincue
sommeil unique

chute
nuit réduite 

au rien
le sol se rend



poussière et gloire aussi finement pilées

rien ne distingue le reste du triomphe

le souffle les disperse dans la même lumière




gloire broyée
poussière reine
même poudre même vent

















 





c’est sous la forme du fragment que l’incomplet respire

le bris se masque












le manque se rend supportable parce qu’il ne prétend pas


à la totalité







le morceau sait ce qu’il ignore le tout lui s’effondrerait












dans l’éclat

l’inachevé devient forme


le silence qui manque

pèse moins lourd que la parole qui manque


le fragment protège   il n’a pas à répondre




fragment  forme du manque

l’incomplet s’y abrite
le tout ne tiendrait pas
l’éclat allège la faille
le silence porte mieux brisé
le fragment sait ignorer


manque habité


fragment refuge
tout impossible
bris léger
silence porteur
inachevé stable