samedi, octobre 18, 2025







une terreur liquide et noire   

un mélange de menace de fluidité et d’obscurité  


un monstre intérieur 

un élément cosmique









une terreur liquide et noire 
s’étend sur le monde comme un fleuve de nuit

glisse entre les pierres et les mémoires

s’insinue dans le sang

 

dans le silence



immense et silencieuse

comme l’ombre du temps


















 












































éloge du vide 


le vide est tout ce qui respire 

sans poids 

sans forme 

sans nom 

il accueille le vent

le vent des vies passées 

le vent des possibles 














le vide est l’espace pur 

où naissent les pensées 

où meurent les certitudes 

silence et musique à la fois 

réceptacle des étoiles 

réceptacle de l’infime poussière du monde 

le vide est liberté 

il ne retient rien 

il ne juge rien 

il laisse être et disparaître sans bruit sans hâte 

miroir et abîme 

il est 

lumière qui traverse le corps et l’esprit 

il est 

commencement et fin simultanément  

cœur du monde 

battement invisible 

palpitation éternelle 

il est l’air entre les mots 

le souffle entre les arbres 

la pause qui fait chanter le temps 




le vide est ce qui permet au monde de se tenir debout 

de respirer de rêver et de redevenir 

possible à chaque instant












encore dire encore soit dit encore 


le mot tombe 

tombe et rebondit sur le vide 

il ne touche rien 

il glisse dans l’air dans l’ombre 

il retombe 

encore dire encore 

il reste suspendu à la langue à la gorge à l’oreille 

le silence s’étire













 

le souffle s’épuise mais il revient 

encore dire encore soit dit encore 

il est là et n’est pas là 

il claque 

comme un écho raté 

comme une pierre jetée dans le gouffre 

encore dire encore encore dire encore 

le corps se fatigue 

la voix chancelle 

les yeux se ferment 

et pourtant il faut 

il faut le mot 

il faut le geste le souffle le dire 

le dire encore et toujours 

et tout est dit et rien n’est dit 

et le mot tombe encore 

tombe encore sur le vide 

qui l’attend 

qui l’avale 

qui le rend impossible et nécessaire


















le dehors m'intrigue où il se déplace il y a du vertige


c' est sans fin tout arrêt est impossible 


le temps glisse entre les doigts 

comme l’eau qui fuit le monde avance 

même quand nous croyons tenir une pause

 

chaque respiration 

chaque pensée 

chaque geste entraîne un mouvement invisible 














tout se prolonge et se répète dans le souffle continu de la vie 

rien ne se fige 

rien ne meurt vraiment 

tout circule 

tout revient 

tout transforme  

même la mort n’arrête pas le flot 

elle est elle-même partie de la course éternelle 


 

l’esprit qui contemple 

comprend que s’illusionner d’une fin 

c’est oublier que tout est 

mouvement  


vivre c’est danser sans jamais toucher le sol














ÊTRE

immobile

soleil

rien

non

vide

mouvement

ombre


flux

eau

reflets

mirage

corps

fouillis

jours

illisibles


































mortels

regard

divisé

illusion

trompeur

vent

éclat

silence


UN

pleine lumière

corps

sans limite

sans fin

tout entier

immuable

éternité


âme

écoute

flamme

tombe

éclat

fixe

écume

formes


ne succombe pas

ne regarde pas

derrière

feu

brûle

respire

cosmos

temps confondus


naissance 


?


mort 



?



?

?

?


lumière

fixe


feu

ÊTRE