lundi, juillet 07, 2025

elle a déjà envie de s'en aller   d'aller ailleurs 


la nuit commence

la nuit 

le mouvement perpétuel 


se déplacer sans cesse 

aller d'un point à un autre

ne rester nulle part 

fuir 

fuir 

l'ivresse c'est le mouvement















 



néanmoins 

elle reste sur place


















je refuse la guerre et tout ce qu'il y a dedans 

je ne la déplore pas moi... 

je ne me résigne pas moi...

je la refuse tout net avec tous les hommes qu'elle contient

je ne veux rien avoir à faire 

avec eux 

avec elle

seraient ils 995 même et moi tout seul 
c'est eux qui ont tort et c'est moi 
qui ai raison
car 

je suis le seul à savoir ce que 

je veux 

je ne veux plus mourir

















fragmentation 

de la pensée qui renonce au subterfuge 
de la continuité


des visages

des voix

des corps qui se déplacent très vite

des trajectoires dans la pénombre

des chemins silencieux 

des interfaces qui mènent à des plans imaginaires 
















des canaux 

des voies

des passages mystérieux

des rivières souterraines 

des eaux lourdes

des eaux très sombres 

des résurgences 

des phases latentes







mouvement vague 

entre 
quelque chose qui était là et 
quelque chose qui n’était pas là 

mouvement incertain 

entre 
quelque chose qui était stable et 
quelque chose qui était liquide 

une forme de présence 

toujours creusée 
par 

une forme d’absence 

le mouvement 

de l’une à l’autre 

le flottement
 
entre deux états contraires 
qui sont pourtant deux états de la même identité 

le permanent et le provisoire

l’oscillation 

entre 
deux formes
incompatibles de la réalité






la mémoire est déficiente 

la mémoire est vague

la mémoire est  approximative 

la mémoire entretient  des relations contradictoires  

















syntaxe  
discontinue
abrupte

elle procède par blocs

interruptions 
énoncés nus 

supprimer les articles 

faire sauter les liaisons logiques

faire proliférer les noms là où l’on attendrait des verbes  

proposition sans antériorité
langue comme eau 

bois 
forêt arrache
transmet  

expulsion droite
traversée directe 





























par le vide
la complémentation

chaque page est sculptée à froid 

les mots 
tiennent par des effets 
de glace 

l’effet est à la fois sensoriel et conceptuel 

le  tu  omniprésent ne désigne pas une personne identifiable
il est peut être 

une adresse au lecteur
une voix intérieure 
mais c’est plutôt la langue elle-même. 

la subjectivité est toujours 
déplacée
morcelée 




tu seras 
toi

toi après 
toi à la suite 

négation par le suppléant  
tu vivras double