vendredi, juin 06, 2025

je m'enfonce dans la neige là dehors

je m'assois dans l'oubli


je suis 

variable et sauvage


l’agent secret 
d’aucune cause ni d’aucun parti 
est impossible à retourner ou à corrompre 


il sait 
que le bonheur est possible
mais la joie plus certaine encore

la joie qui est la plénitude du sentiment du réel 





























il sait aussi 
que la création du monde 
n’a pas eu lieu au début mais qu’elle a lieu 
tous les jours pourvu qu’on reste disponible 

mais qui reste disponible  

l’amoureux 
le musicien
le poète 
le chercheur

les autres s’absentent
ils répètent ce qu’on leur a appris 
se conforment à l’ordre du monde tel qu’il fait semblant d’aller. 

les autres  
regardez autour de vous pour 
comprendre





par la joie 
la beauté 
du monde 
pénètre dans notre âme 
par la douleur 
elle nous entre 
dans le corps






cette 
lente araignée 
qui rampe au clair de lune 

ce clair de lune lui-même 
et moi et toi 
réunis sous ce portique

chuchote
des choses éternelles 

ne faut-il pas 
que nous ayons tous déjà été 
ici 







le vieux héron de l'île du Milieu 
est plongé
dans un rêve
bleu






























l’agent secret de la côte Atlantique

nous rapporte ces quelques notes de musique parfaite 


pour savoir vivre il faut savoir lire  

pour savoir lire il faut savoir écrire  

pour savoir écrire il faut savoir être mort


ou alors 

ce que je désire ici-bas c’est d’épuiser toutes les joies


quoi d’autre 

hôte de la rivière rejetant les soucis j’accompagne 

le vol des mouettes
















et encore 

la seule chose qui demeure est le grand fleuve


ou mieux encore 

j’habite le palais de la vie-sans-fin

















aimer et disparaître 

ceci s’accorde depuis des éternités 

vouloir aimer
c’est aussi être prêt à la mort 
c’est ainsi que je vous parle
poltrons 




clarté effrayante 
qui donne 

un éblouissement à l’œil intérieur






























le figuier 

six mois vert sonore les six autres carbonisé

ruine 
du soleil
d'été






ce matin la colline est transparente  
et les plus hautes envolées de l'esprit sont dans leur élément




























OM


cela est plénitude

ceci est plénitude

cette plénitude-ci est issue de cette plénitude là


lorsque cette plénitude- ci 
est enlevée à cette plénitude- là 
seule demeure  
la plénitude


introduction de  l’Isba Upanishad  – sāntiti-Pātha 
prière de la paix





























le point de vue ultime est qu’il n’y a rien à comprendre ce qui fait que lorsque nous essayons de comprendre nous nous complaisons ou égarons dans des acrobaties mentales


quoi que vous ayez compris 

vous ne l’êtes pas 

pourquoi vous perdez-vous dans des concepts 

vous n’êtes pas ce que vous savez 

vous êtes le connaisseur


Nisargadatta Maharaj




et voici ce que j’appelle 

l’immaculée connaissance de toutes choses 

 

ne rien demander aux choses que de pouvoir 

s’étendre devant elles 

ainsi qu’un miroir 

aux cent 

regards



redire le monde
parole 

d'aurore grammaire 
de pluie 
d'arbre 
de pierre
d'os 
de sang et 
de neige























me voilà libre et solitaire

le jour se lève
triste et froid

mur mouvant de lumière grise



ma quête
m'avait-elle rendu
aveugle

comme peut le faire la neige



les mêmes textes jour après jour perdant tout sens de production et de publication toute idée d'une réputation à forger engagé plutôt dans quelque chose loin de toute littérature que l'on pourrait pertinemment nommer 

un yoga poétique 





























j'avais envie
de vivre
selon elle
la joie
et cela
voulais dire
avec plus
d'attention




lorsque  la lune s’est levée 
il me semblait qu’elle voulût mettre au monde 
un soleil 

tant elle s’était couchée à l’horizon 
lourde et pleine



là-haut dans le Nord en pays difficile
elle marche