lundi, janvier 12, 2009

La supervision

" Dans cette montagne sauvage où réside la supervision, se trouve un abîme dont le prélude est sensible à tous les purs esprits : ils entrent alors dans une vertu ineffable d'une sauvage étrangeté. "
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Henri Suzo ( 1295-1386)
de son vrai nom Henri de Berg (montagne)
source, Philippe Sollers, une vie divine, folio
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L.A. photographie, les Saisies

Trace d'un Lièvre lunaire


Le lièvre qui comme la lune, meurt pour renaître, est devenu de ce fait dans le Taoïsme, le préparateur de la drogue d'immortalité. On le représente au travail à l'ombre d'un figuier, broyant des simples dans un mortier. Les forgerons chinois utilisaient son fiel pour la fonte des lames d'épée : il était censé communiquer force et éternité à l'acier, pour ces mêmes raisons qui faisaient qu' en Birmanie on le considérait comme l'ancêtre de la dynastie lunaire.
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L.A. photographie

Chère soeur,

La vue de ces montagnes étincelantes, éternelles, t'impressionnerait autant que moi, et si un Dieu de puissance possède un trône sur terre, c'est sur ces splendides cimes. Je ne puis que rester en arrêt comme un enfant et m'étonner et me réjouir en silence, debout sur la plus proche colline, voyant du haut de l' Éther les montagnes descendre par degrés jusque dans cette aimable vallée cernée de sapins toujours verts et traversée en son fond de torrents et de lacs ; c'est là que j'habite au milieu d'un jardin dont les saules et les peupliers sont sous ma fenêtre, au bord d'une eau transparente qui m'enchante la nuit de sa rumeur, quand tout est silence et que sous la sérénité du ciel constellé, je songe ou j'écris. Tu vois, ma chère, j'envisage ce séjour comme quelqu'un qui a connu passablement de souffrances dans sa jeunesse et se trouve à présent assez satisfait et tranquille pour éprouver une vive reconnaissance pour ce qui est.
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Hölderlin
lettre à sa soeur
Hauptwil, près de St. Gall
le 23 février 1801